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1 . - McDonald's est-il vecteur d'une culture ?
Paul Ariès dans son ouvrage <<Les fils de McDo : La McDonaldisation du Monde>> parle de l'alimentation McDo comme d'une alimentation infraculturelle. En effet, il écrit : <<McDonald's est universel car il s'adresse à n'importe qui. Sa cuisine n'est ni nationale ni même internationale mais cosmopolite>>1. McDo est ainsi vecteur d'une culture où se trouvent des personnes de différentes nationalités. La McCulture est universelle.
2 . - En quoi consiste donc cette McCulture ?
La culture culinaire McDo est planétaire dans le sens où l'on mange la même chose partout, aussi bien à Paris, à New York, à Moscou, à Tokyo... Mais cette culture va plus loin, elle ne s'en tient pas uniquement au champ strictement culinaire, <<la culture McDonald's est une gadgétisation de certaines valeurs>>. Par exemple, McDonald's cultive l'écologisme pour des raisons de rentabilité et d'image. L'écologisme apporte des avantages fiscaux, et des avantages financiers, mais aussi une meilleure image auprès du grand public et de leur clientèle, il est d'autant plus rentable de cultiver l'écologie car <<de plus en plus d'entreprises se rendent compte qu'il revient plus cher de polluer que d'essayer de réduire la pollution ou de l'éviter>>2 Pourtant, McDonald's a une politique encourageant : <<la surconsommation, une mauvaise alimentation, le gaspillage, l'abus envers les employés, la déforestation et des politiques d'achat déséquilibrées...>>3, ce qui remet en cause son système "écologique". Mais, cette McCulture a d'autres vertus. <<Elle permet en revanche de se poser en véritable contre-figure de la société. Le principe identitaire se déplace du politique (en crise) vers l'économique (réhabilitée), de la cité vers l'entreprise>>1. La production de normes éthiques devient de ce fait l'affaire de l'entreprise et d'elle seule. Elle vise cependant à réguler certains excès de son propre système. Elle interdit ainsi à son personnel d'utiliser certaines techniques de vente contre les trop jeunes enfants. Paul Ariès décrit ainsi trois grandes logiques composant quelques <<figures moralisatrices>> de la McCulture : la logique de compensation, qui vise à une "rationalisation" assez systématique, qui donne alors une explication cohérente au système; la logique de la polémique, McDo se <<porte systématiquement sur les mêmes fronts que ses détracteurs>> afin de retourner contre eux leurs propres armes, leurs propres thèses; et la logique du recyclage, qui vise à donner une bonne image de la firme : elle est soucieuse de l'environnement. Cette McCulture consiste ainsi en un "remplacement" des six grandes institutions mises à mal par la modernité : la famille, l'enfance, le travail, la nutrition, la politique et l'écologie. McDonald's participe ainsi à l'édifice de nouvelles valeurs. 3 . - La McCulture met-elle en danger les cultures culinaires préexistantes ?
Ainsi, on peut dire que la McCulture <<repose sur la négation de toutes les cultures culinaires préexistantes>>. La culture constituant <<la somme des aspérités différenciant les hommes>>, une culture culinaire universelle ne peut ainsi pas être une véritable culture culinaire de par son universalité, puisqu'elle ne tient pas compte des différences. De plus, elle met en danger les cultures culinaires de chaque nation dans le sens où elle nie la diversité, et la place comme simple processus vital, c'est-à-dire une adaptation culinaire aux ressources du milieu d'origine.
<< La culture se trouve menacée quand tous les objets et choses du monde, produits par le présent ou par le passé, sont traités comme de pures fonctions du processus vital de la société, comme s'ils n'étaient là que pour satisfaire quelque chose>>.4
Ils n'auraient ainsi aucun rôle de socialisation et de transmission de valeurs auxquelles se rattachent les individus.
Les cultures culinaires préexistantes, et même les cultures dans leurs généralités sont en danger puisqu'elles représentent des obstacles à cette culture universelle qu'est la McCulture, qui tend à se développer de plus en plus et ceci au niveau planétaire.
1Paul Ariès, Les fils de McDo : La McDonaldisation du Monde, Paris, L'Harmattan, 1997. 2Alexandre Vatimbella, Le capitalisme vert, Paris, Syros-alternatives, 1992. 3Daniel Breton, <<La McDonaldisation de notre société>>,Communiqué du parti vert du Québec du 10 juillet 2001. 4Hannah Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972.
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